GERBE ADOLESCENTS

J’écris sur du papier vierge
Gerbe composée par Caroline, Valérie, Laure, Fabienne, Franck, Sylvie, Chantal, Christian, Claude
(3° Collège Douvres)
qui ont réalisé le choix de textes et la mise en page.
Les illustrations sont extraites des recherches de Caroline.

   

Le rêve

J'écris sur du papier vierge
Le visage du soleil de la nuit
Le feu, l'espoir des cierges
Le rêve de la vie
Le seul secret que l'homme
Ne puisse dévoiler
Qu'importe la couronne
Qu'il en aurait soutirée
Le rêve, cinéma sans tortures
Paradis en miniature
Possession de soi-même
Rayons du sommeil
Rêver de rêver l'éternité
L'unique chose sur terre
Que l'on puisse faire
Sans jamais regretter

Stiring-Wendet

Le printemps fleurit mes idées
L'été les fait rougir
L'automne fait frissonner mes idées
Et l'hiver les fait mourir

Valérie GOMIS

   

J'ai vu l'étoile tomber
            dans l'eau
Et je veux m'effacer
            dans le cri
d'un orage inapaisé
Que sera demain
Bleu ou rouge
Comme une vie qui se voit
trembler de doute

Valérie CHALMET

Les adultes

Les adultes je ne les aime pas
et pourtant je suis obligée de les aimer
« par respect »
                                       Je les déteste de tout mon cœur car tous les jours
il faut me battre contre eux.
Je ne suis pas d'accord avec leurs injustices
            Ils ne voient que les faits
et sont aveugles pour les raisons
Ce qui est le plus révoltant
est de se soumettre :
ne peut-on pas être égaux ?
Et il ne faut pas leur répondre devant eux
même si on les traite de tous les noms après
J'en ai marre de répondre!

Angela BARBERIO

   

Le printemps de velours
tombe dans les décors
de sable où dort
l
e silence de la pluie
N'avance plus toi la pluie
           d'une ombre
Tu ne sais pas ce que sera
           Demain
Je veux rêver
Et jaillir entre
Tes mots doux
Et tes sourires
Pour embrasser notre vie
Et vivre notre espoir

Valérie CHALMET
CEG St-Sever - 4° A

   

Personne ne me comprendra.
Personne ne saura retirer de mon cœur
La haine que j'ai contre tous.
Personne ne m'aimera
Comme je l'aime.
Personne ne me sortira de l'amour pour toi.
Personne
Sauf moi,

CEG Meulan

Rien à signaler
Monsieur l'officier tout est en ordre
Mon général
Les prisonniers se sont évadés
Le camp est en feu
Les gardes assassinés sont à leurs postes
c'est 1e déluge
la marée noire
la fuite
vers la nausée
Rien à signaler
tout est en ordre mon général
nous avons triomphé

D.GAULTIER

   

Comme un oiseau libre dans le ciel, tu pars seul
à l'aventure
où tu dis trouver le bonheur et l'amour que tu attends.
Mais le bonheur est aussi où tu es. TON bonheur, tu peux le construire,
il te suffit de le vouloir.
Le bonheur et l'amour sont là où tu le veux, Ils
ne t'attendent pas ailleurs, mais là où sont tes amis, là où
tu as vécu et là où tu dois vivre.
L'oiseau part, mais l'oiseau est solitaire.
Il est seul dans un ciel immense, tandis que
toi, tu aimes, tu es aimé.
TON bonheur est ici, où tu pleures, où tu
souffres, où parfois tu te sens seul mais où
tu vis, où tu es aimé même si tu ne le sais pas.

Sylvie LAURENT
3e CEG de Douvres

   

Mon père

Tu me regardes froidement
Tu ne peux me comprendre
Car tu n'as pas vécu gaiement.
Maintenant tu vas me perdre
 cause de ton esprit arriéré
Et de ta dureté.
            Tu ne sais pas ce qu'est la liberté
            Tu ne connais que ta fierté
            Tu gâches mon bonheur
            Pour ton honneur.

SMAHANE
5e CES Pasteur, Gennevilliers

Grandis un peu, comprends-moi...

J'imaginais un garçon compréhensif
            violent
silencieux
fort
mûr.
Tu es venu, toi, qui ne dis rien de toi
            vulnérable
gai
enfant.
J'imaginais l'amour
le bonheur
tu es venu, toi, avec la douleur à m'offrir
            des larmes
des déchirements.
Mais je t'aime
je t'aime tant
je t'en prie, grandis un peu, comprends-moi,
                        aime-moi.

Caroline DUPECHER Cahors

   

Je suis mal dans ma peau

Je suis mal dans ma peau.
Je me trouve moche.
Je voudrais ne pas être quelqu'un avec un corps.
Juste un esprit.
Une idée.
Un rêve.
Et pourtant, je voudrais ne pas être autrement que moi.
Je m'embrouille.
Je ne sais plus quoi faire pour me faire plaisir
et plaire comme avant.

Je m'étudie. Je me trouve horrible.

Personne ne m'aime.
Personne ne m'aimera.

Et je sombre dans une mare de désespoir
sans trop y croire
malgré tout.

Caroline DUPECHER

Souhait

Je crois que je n'oublierai jamais
Notre séjour à Maybes
Nous vivions professeurs et élèves
En toute liberté
Notre travail fut un plaisir
Nous avions le coeur à l'ouvrage
Nous voudrions la faire découvrir
Aux jeunes de tout âge
Cette façon de travailler
Qu'un homme inventait
Il y a déjà bien des années !...
La pédagogie Freinet.

Agnès PIERRON Vrigne-au-bois

   

Je ne savais pas

Je ne t'ai guère accordé l'attention de te comprendre
Je n'ai même pas pris la peine d'attendre
Tu m'apparaissais avec un coeur ondoyant
Et ce défaut a suffi à mon jugement.
            Je n'ai pas su t'aimer
Notre affection c'est moi qui l'ai brisée,
            Sans scrupule ni regret
J'ai suivi mon amour-propre obstiné.
Oui, une scène de jalousie, une rupture, et dès lors,
Mon cœur innocent ne vit que dans le remords
J'ignorais que le pardon était inexistant,
Et qu'il fallait attendre que tu reviennes inopinément.
Je ne savais pas, non, je ne savais pas
Que la vie serait si difficile pour moi,
Je ne connaissais pas ces obstacles à affronter,
Si douloureux, si lourds à porter.
Il ne subsiste qu'une pluie intarissable de larmes,
Et toi qui montres toujours autant de charme.
Fréquemment, lorsqu'on se croise dans la rue
Je voudrais te crier que c'est un malentendu !
Mais je ne pense pas, je n'ose plus
Je comprends ta rancune, ta haine,
Mais toi, imagines-tu ma douleur, ma peine ?
Maintenant que je différencie la chance du hasard
Il est trop tard, bien trop tard... tard... tard...
            Pour avoir l'espoir,
De recommencer notre histoire.

Caroline DUPECHER

   

Je m'avance nue, blanche
Sur le sable doré
Les bras ouverts pour respirer
La fraîcheur, le silence, la nuit.
Mince alors !
Dommage que la chambre soit si petite
Tout le charme est rompu.
J'avais les yeux fermés
et je me suis cognée contre le mur.
Que ma chambre semble minuscule
devant tant de bonheur, de calme.

Angela BARBERIO

Les yeux

J'ai vu les yeux bleu tendre du nouveau-né,
J'ai vu le ciel se refléter dans les yeux de mon amie,
J'ai vu les yeux brillant de convoitise des enfants,
J'ai vu les regards étonnés des petits devant le Père Noël,
Malheureusement je n'ai pas vu que des regards heureux,
J'ai vu aussi le regard humide des personnes qui se séparent,
J'ai vu les yeux légèrement voilés des personnes âgées
Je n'ai pas vu les yeux d'un aveugle, cachés derrière des lunettes
Noires et cependant il était heureux.

Sylvie MANGON
4e B - CES Paul-Bert Niort

Quand ils me grondent je ne pleure plus.
Qu'ils parlent
Qu'ils sortent leur tricot,
Impétueux, révolté
Ça M'EST ÉGAL !
J
e ferai ce que je voudrai
plus tard
personne ne m'en empêchera !
je me sauverai
je volerai
je serai...
Mais je ferai
                        ce que je voudrai

Angela BARBERIO

   

Télévision

Elle danse        
            bouge
            gesticule
             se tord.
            Ils meurent
agonisent lentement dans la poussière
                         crient
            hurlent.
Elle gagne
            reçoit les applaudissements
            la joie.
                        Ils sont vaincus
                                    tristes
                        Ils nagent dans la pitié.
Les images de la chanteuse
et celles des victimes du tremblement de terre
déferlent tour à tour sur mon esprit
puis chutent
et plongent dans le passé.

Angela BARBERIO

   

Amour

Le soleil brûle,
Comme brûle l'amour réciproque que nous avons dans nos coeurs
Mes yeux se reflètent dans les tiens, comme le soleil sur un lac.
Ton coeur brille,
Comme brille la première étoile qui,
chaque soir est au rendez-vous dans le ciel.
Ton ombre m'apparaît
comme le premier jour où tu m'as
dit que « tu m'aimais ».

Claude MAUGER
CEG Douvres - 3e

Rêve...

Ma peau se tend, se craquelle.
Un voile passe devant mes yeux inconscients,
Une vague bleue-violette me recouvre.
Je me laisse noyer.
Puis, amèrement, je lèche les galets
pour bien faire pénétrer
le goût de vacances au fond de moi,
Ce goût de sel.
Un rayon d'étoile s'achemine vers moi
et brûle mes paupières qui s'éveillent.
Le brouillard se saisit du rêve et l'éloigne.
Ne pas trop rêver.
Dormir, dormir sur une plage de galets.
Le rêve se rapproche. Oh, non !
Je me ferme à lui.
Inaccessible presque malgré moi.
De pitié, il s'enfuit.
            À regret je reprends contact avec les réalités.

Caroline DUPECHER

   

La porte

C'est une porte d'argent
Qui donne sur la colline.
C'est une porte bleue.
Par-delà le rêve,
Sorte de portail défiant le temps,
Monstre de la préhistoire sortant d'un long sommeil.
C'est une porte d'or
Dardée de vie
Grande porte de l'histoire,
Aventure des hommes
Grande montre du temps,
Grande ouverture des sentiments.

Dominique BLOUDEL
CEG Douvres - 3e

Je suis dans la nuit. J'ai l'impression étrange d'être suivi par des yeux, mais je ne vois personne. Une frayeur enveloppe mon corps de tremblements. Je me mets à courir.
J'entends des pas derrière moi, qui est-ce ? Que me veut­on ? Je cours jusqu'à en perdre haleine. Je me retourne, toujours rien. Je me dépêche d'aller dans un endroit éclairé.
Plus personne, on ne me poursuit plus. Ils ont peut-être peur de la lumière?
Je ne saurai jamais qui c'était,

Lionel VATINEL
CEG de Douvres - 3e

   

Il y a des jours où l'on n'a rien
envie de dire,
où les paroles des autres ne vous
atteignent pas
où l'on se sent aimé
par des milliers d'incompris.
Il y a des jours où il n'y a rien
à vivre,
où les rues sont vides
où le seul homme marchant sur la terre
n'a qu'une ombre pour royaume.

D. GAULTIER

on est communiste
pour ne pas être socialiste
on se dit chrétien
et l'on ne croit pas en Dieu,
on dort, pour un jour se réveiller
on fait la guerre,
pour gagner la paix,
on vit pour un jour mourir, on est
ou l'on croit être le jour,
et la nuit...

D. GAULTIER

 

Viaje a Tahiti

A orillas del mar
Mar apacible y tranquilo
Se yerguen dos palmeras
Majestuosas y altivas
Paraisos de los monos,
Que mecen sus palmas magnificas
Al ritmo de la brisa
Al pie de estos ârboles exoticos
Estoy tendida y pienso
Pienso en todo y en nada
Mas bien en nada
Es la hora de la siesta
Ningun ruido. El silencio es de oro
A veces unas moscas tenaces
Me cosquillean la nariz
Ruidos furtivos llegan hasta mi
Algunas senoritas bailan
Alrededor de un cesto de
Nueces de coco
Tez morena, collares de flores
Vestidos con flecos
Caras sonrientes de doncellitas
Que dormirân en una hamaca.
Me siento bien,
E1 tiempo borra el ruido
Y las preocupaciones
Es un sitio de ensueno
De luz, de amor, de paz
Pero no era m'as que un sueno ideal.

Gracieuse BEDECARRASBURU
CES Dereure - 3e

   

Écrire des choses idiotes,
faire des choses interdites,
inventer des mots inutiles,
pour des livres sans pages,
condamner les honnêtes gens,
féliciter tous les assassins,
renverser le monde,
faire un coup d'état,
s'élever contre les bonnes actions,
manger les enfants
qui n'aiment pas la glace,
trahir les chiens,
empoisonner tous les tyrans,
écrire des choses
qui n'ont aucun sens,
pour dire qu'on s'en fout.

Dominique GAULTIER

je rentre, épuisée, de mauvaise humeur.
Personne encore à la maison.
Je m'abandonne aux pensées tristes.
Je ne peux pas rester comme ça.
Oh non !
Mais... bien sûr... danser !
Un disque de musique folle.
Je saute, je tourne, je tombe, je me tends, j'oublie...
Je me drogue.
Je mets le son à fond.
Les soucis ? Envolés.
Ma tristesse ? Je ne la connais plus.
J'oublie...
Je danse... danse à en perdre le souffle.
Pour toi.
Contre toi.
Avec toi.
Près de toi.
Loin de toi.
Mais toujours, il y a TOI.

Caroline DUPECHER

   

Ton nom

- Comment t'appelles-tu ?
On m'appelle assassin,
- Mais comment t'appelles-tu ?
On m'appelle aussi égoïsme.
- Réponds à ma question !
On m'a souvent appelé haine.
- Quel est ton nom?
Je m'appelle orgueil.
- Dis-moi au moins ton prénom.
Racisme pour les intimes.
- Tu ne veux pas me répondre
je me nomme indifférence.
- Alors qui es-tu ?
JE SUIS UN HOMME.

Lycée François Mauriac 2 AB2

Vivre sous le joug
d'une société où l'on subit,
Est-ce cela, la véritable raison
d'exister ?
Pourquoi noir, le drapeau de l'anarchie ?
Dessous les pavés, la plage
Sur la plage, les pavés,
Les murs tachés de sang,
les matraques qui frappent dans le vide de la foule,
et les cris de ceux que l'on écrase ;
impressions funèbres d un monopole juste !
Et eux, du fond de leur fauteuil capitonné,
rejettent ce flot de visages ensanglantés,
d'un geste de dédain,
Les cachots humides, domaine des esprits noirs,
deviendront pour des mois,
l'Auberge des disparus.
Le peuple à genoux, aujourd'hui s'est levé
brandissant vers le ciel de feu,
un drapeau noir,
dont j'ai oublié le sens.

D. GAULTIER

   

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