Qu’est-ce que l’art fût-il enfantin ?

Depuis des centaines de milliers d'années, l'Homme existe. Depuis des dizaines de milliers d'années, il se pose des questions. Ou plutôt, des questions restent pendantes depuis aussi longtemps !

Des questions simples, usuelles. Que faisons-nous ?

D'où venons-nous ? Où allons-nous ?

Et pourquoi la vie ?

Le secret reste bien gardé.

Et l'Homme s'agite, évolue, progresse, se multiplie, s'engendre. Il passe.

Paradoxalement il n'y a guère que l'Art qui survive. Que l'Art qui parvienne à marquer, à tracer, à jalonner les chemins de cette quête éperdue et... désespérée, jusqu'alors...

Ne croyez pas que la question nous naisse un jour avec la barbe ou bien au moment où sonne le signal de la maturité.

« Voilà un Homme : il se questionne ! »

Non, les enfants, tout de suite, dès qu'ils ont la parole, sont capables d'aborder l'inexprimable...

Dès qu'ils ont la vue, dès qu'ils ont des oreilles, des mains, une peau qui vibre : ils s'expriment.

Et la poésie ce n'est rien que le grand élan qui les transporte vers les choses nouvelles. L'art ce n'est ni l'objet ni la matière : c'est ce qui est derrière. Au-delà. C'est le dépassement. Le dépassement et l'engagement du geste à la recherche de son origine, ce qui confirme son appartenance à la création, ce besoin d'être qui anime tout être.

Enfantin ou pas : c'est l'élan qui compte et l'amplitude du geste, l'intensité du cri, de la lumière et l'éclat du regard.

Meb

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